07.02.2011

Petite histoire africaine - 1

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Mi-septembre 2005

Me voilà à quelques jours du départ. Deux semaines de vacances pour voir si l'Afrique et moi-même on va arriver à s'entendre.

Mais d'abord le rendez-vous chez le médecin du voyage pour les vaccins. Je passe dans la salle de côté chez la dame à la seringue, elle n'a pas l'air effrayante, la seringue, la dame non plus d'ailleurs.

Aie.

7 Octobre 2005

Genève, puis Paris. Les choses sérieuses commencent. Tout se passe bien, l'hôtesse nous annonce que nous arrivons à Bamako pour notre escale, plus qu'une heure et Ouaga est à moi. Les portes de l'avion s'ouvrent, la chaleur extérieure s'y engouffre. L'odeur de l'air chaud entre à grands pas et prend ses aises. J'hésite, mes sentiments sont partagés, je me sens bizarre. Puis les portes se referment et l'avion repart.

Encore quelques minutes. L'excitation et l'angoisse se disputent la première place à l'intérieur de moi. Mon compagnon me prend la main, me rassure. L'Afrique de l'Ouest ce n'est pas la Tunisie, c'est au delà de ce qu'on peut imaginer, pour moi c'est l'inconnu.

L'annonce, puis l'atterissage final. Maintenant, je sais exactement qui a gagné, la boule de l'angoisse a pris toute la place.


Les gens se bousculent pour sortir, tout le monde pousse, comme s'il y avait quelque chose à gagner dehors pour les premiers sortis. Moi, j'essaie de rester calme, de retarder le moment de sortir. Mon compagnon m'embrasse sur la joue et me dit "tout ira bien mon amour". Sûrement mais la boule est toujours là, grandissante.

De nouveau, la même chaleur et la même odeur s'engouffrent dans l'avion, puis je sors. A Paris, il faisait 18° au départ, aux alentours de 15 h, à Ouaga, il fait 30°, nous sommes minuit. Un air chaud balaie l'air. Je ne m'attendais pas à cette douce torpeur qui m'envahit soudain. La boule disparaît, comme par enchantement.

A l'aéroport, la foule est dense, partout les gens parlent, crient, bienvenue en Afrique, au Pays des hommes intègres. Pour moi c'est le choc des cultures.

Un grand monsieur, imposant à la peau aussi noire que la nuit et une voix de baryton, s'approche de moi et me prend mon passeport. "Bonsoir, suivez moi, s'il vous plaît". Euh, je me tourne vers mon compagnon, il me sourit, il a compris. Moi je veux bien mais pourquoi je ne passe pas au comptoir comme tout le monde ?

Le comité d'accueil est là. Nous sommes les bienvenus et un peu privilégiés. Mon compagnon continue à sourire. On passe le portique de sécurité. Puis c'est la grande porte, celle par laquelle tout arrive.

Mon compagnon perd un peu de son sourire, je vois que ses souvenirs d'enfance remontent à la surface, il est heureux. Puis un énorme sourire apparaît de nouveau sur son visage, sitôt la grande porte ouverte. Je sens son coeur qui s'emballe.

Moi je suis intimidée, je regarde partout, pour me rappeler de ce moment, pour graver toutes ces choses que je vois dans ma tête à jamais. La chaleur s'empare de plus en plus de moi, il fait moite, mes habits collent à ma peau, mais bordel qu'est ce que c'est bon, je m'imprègne de cette odeur que je commence à aimer.

L'ami d'enfance de mon compagnon s'approche de nous. Je les regarde les deux, ils hésitent, il ne savent pas comment se dire bonjour. 15 ans, c'est long. Puis timidement, ils se serrent la main, puis s'enlacent. L'amitié n'a pas d'âge. Si j'avais été plus près, je suis sûre d'avoir pu voir quelque larme aux coins de leurs yeux.

Je me retourne encore une fois, je regarde autour de moi, les gens, l'aéroport, les bâtiments environnants.

J'ai du mal à y croire. Je suis enfin arrivée à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le Pays des hommes intègres et je sais déjà que ce sera la plus belle expérience de ma vie.

 

Photo : personnelle.

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Commentaires

Je suis bien contente de lire ton histoire car j'avoue que ça m'intriguait. En plus c'est joliment écrit. Y aura-t-il une suite ? :-)

Ecrit par : Marie/chroniqueblonde | 07.02.2011

@ Marie : oui, je vais faire le récit de toute l'histoire. J'avais commencé en 2006 mais je m'étais arrêtée. Là je vais tout raconter ou presque.

Ecrit par : Angie | 07.02.2011

Un très beau billet. Vraiment. Que j'avais de plus en plus envie de trouver ici...

Ecrit par : Chouyo | 07.02.2011

@ Chouyo : rhooo merci. Il y en aura d'autres et la suite.

Ecrit par : Angie | 07.02.2011

Jure que tu nous racontera tout ce qui est beau là-bas... J'ai trop envie de savoir! Je veux être dans ta poche! Merci Angie!!!!

Ecrit par : Eudoxie | 07.02.2011

en lisant ton article j'ai eu les larmes aux yeux, ça me rappelle mon tout premier voyage au sénégal, la chaleur, les odeurs terreuses, les gens tout ça, tout ça me manque terriblement, 8 voyages à mon actif et toujours le même amour du pays, la découverte à chaque fois, c'est magique et je rêve d'y retourner faire un tour quand mon fils sera plus grand
merci de m'avoir fait revivre ça aujourd'hui, bisous !

Ecrit par : barbara | 07.02.2011

C'est mon premier commentaire bien que je te lise à chaque article alors c'est pas que les autres fois je n'avais rien à dire mais là je sais pas... je suis sensible à l'écriture et ton texte m'a touché et m'a parlé.
J'aime beaucoup :)

Ecrit par : Jube | 07.02.2011

L'Afrique ( plus spécialement la côte d'Ivoire) c'est mon pays de coeur et de langueur....Là où on apprend que l'espace temps est différent et où on comprend la définition du mot accueil....

Ecrit par : tael | 07.02.2011

@ Eudoxie : promis, je te raconte tout ou presque.

@ Barbara : je comprends tout à fait ce que tu ressens, car après ces vacances, j'ai carrément déménagé au Burkina Faso et y ai vécu 4 ans. Donc tu peux imaginer ce que j'ai pu y ressentir pour oser le faire.

@ Jube : merci beaucoup pour tes jolis mots et bienvenue ici. La suite à suivre.

@ tael : c'est exactement ça, le temps n'existe pas.

Ecrit par : Angie | 07.02.2011

Ho que j'ai aimé ton récit, j'aurais aimé qu'il dure encore...

Ecrit par : Ginie et son paillasson | 07.02.2011

@ Ginie : la suite arrive bientôt. Promis.

Ecrit par : Angie | 07.02.2011

Ah bah depuis le temps que je rêvais de lire cette histoire, je suis ravie !

Ecrit par : Anna | 07.02.2011

Le pays des hommes intègres, pays que je n'ai pas encore visité mais dont je connais pas mal de ressortissants, et ils méritent volontiers ce titre.

l'homme qui connait, adore Ouaga, un prochain voyage sans doute.

Tu décris bien l'arrivée et le choc la première fois qu'on met les pieds sur un tarmac africain, cette chape de chaleur qui te tombe dessus, les odeurs.
L'afrique, tu ne peux pas être tiède, mitigée avec elle, c'est tout l'un ou tout l'autre hein ?

Et l'émotion quand même des années après tu y retournes et retrouves des amis jamais perdus.
merci .

Ecrit par : Dom | 07.02.2011

Je ne sais pas pourquoi, mais ton texte me touche beaucoup. Peut-être parce qu'on a l'impression que c'est le début de quelque chose de très important ?

Ecrit par : bbflo | 07.02.2011

J'en ai des frissons tellement je trouve cette histoire belle et touchante. ,'ai l'impression d'y être, en quelque sorte. Et j'attends la suite avec impatience.

Ecrit par : Eva | 07.02.2011

Oups, je voulais dire j'ai l'impression. Il manque quelque chose.

Ecrit par : Eva | 07.02.2011

Très émouvant :)
L'Afrique me fait très très envie, mais j'ai peur de ne pas être à la hauteur.

Ecrit par : pivoine | 07.02.2011

Cela me rappelle ma 1ere arrivé a Ouaga, en 2003. Patrick m'attendais au pied de l'avion, c'était encore possible à l'époque. Chaleur, odeur, poussière, une foule incroyable, même la nuit sur la route. "Bonne arrivée" :).

Ecrit par : Pascale | 07.02.2011

que de souvenirs!!! la couleur et l'odeur, ça me manque tant!!!!

Ecrit par : chrisazur | 08.02.2011

Il est vraiment étonnant de voir à quel point les mots peuvent toucher même des années après... Très beau texte si ce n'est le meilleur... Merci

Ecrit par : Willaw | 09.02.2011

@ Dom : ah l'Afrique, soit tu l'aimes à vie, soit tu l'as détestes, mais il n'y a pas de demi mesure et même après une courte absence, tu ressens les mêmes choses, les mêmes émotions t'envahissent.

@ bbflo : c'était le début de quelque chose très important. C'était le début de la personne que je suis maintenant.

@ Eva : merci. La suite arrive bientôt, très bientôt.

@ Pivoine : c'est vite vu, si tu respectes l'Afrique, elle te respectera.

@ Pascale : ahhh la foule au guichet des visas et à la sortie et les gros bras dans leur petite cabine à sermonner les gens pour une histoire de virgule ou d'information mal notée sur la petite carte blanche.

Maintenant qu'ils sont entrain de rénover l'aéroport, tu ne peux encore moins faire de choses. C'est le bordel.

@ Chrisazur : comme je te comprends.

@ Willaw : merci à toi, sans toi je n'aurais pas pu vivre cette expérience. ;-)

Ecrit par : Angie | 09.02.2011

C'est plein de tendresse, j'adore. Encore.

Ecrit par : Anabel | 09.02.2011

Tu signes un très beau post là ! petite histoire, grand plaisir de lecture ! j'aime bien le récit du moment de la rencontre, l'amitié qui n'a pas d'âge, l'africanie t'a rendue poète ; )
Et Blaise, il aura sa révolution tu penses?

Ecrit par : M1 | 09.02.2011

@ Anabel : la suite dès la semaine prochaine.

@ M1 : je me suis enfin décidée à mettre tout ça sur papier, enfin par écrit. L'amitié, la vie en Africanie, mon nouveau penchant pour la poésie façon Barbara Cartland et la moiteur africaine. :-)

A mon avis, ça va d'abord péter en CI. Je doute qu'il y ait une révolution au BF. Mais attendons de voir.

Ecrit par : Angie | 10.02.2011

C'est tout simplement un texte magnifique. J'ai vraiment hâte de lire la suite, à lire le commentaires, tu vas enfin nous décrire ta vie en Afrique ?

Ecrit par : Clémentine | 10.02.2011

@ Clémentine : oui, je crois que j'ai enfin trouvé l'inspiration et les mots pour parler un peu de ma vie là bas. C'est pas facile de décrire des choses qui pour moi sont évidentes. Mais là, je crois que ça y est.

Ecrit par : Angie | 10.02.2011

Très touchant, on s'y croirait presque..
Vivement la suite! :)

Ecrit par : KRiSS | 12.02.2011

@ KRiSS : merci, la suite, la semaine prochaine.

Ecrit par : Angie | 13.02.2011

Je suis impatiente vraiment de lire la suite, mais je crois que je l'ai déjà dit.

Ecrit par : Eva | 14.02.2011

@ Eva : c'est pas grave, mais tu n'auras plus très longtemps à attendre. :-)

Ecrit par : Angie | 15.02.2011

Je disais donc la dernière fois que j'avais cru voir un n°1 dans ton titre et que ça voulait forcément dire qu'il y aurait une suite. j'ai ma réponse puisque je viens de voir ton 2ème billet sur le sujet. je suis plus que contente que tu ai décidé d'écrire un peu sur ta vie en Afrique. Je file donc lire la suite de ce pas ^^

Ecrit par : Faustine | 18.02.2011

Ouch...
tu m'as collé la chair de poule à la lecture de ton billet...
:)

Ecrit par : balbc | 19.02.2011

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